Le chantier est la forme la plus directe de l’activité humaine qui consiste à modeler son environnement, transformer radicalement la nature, mais également réparer ou modifier les infrastructures ou le bâti existant. Dans nos villes, ce sont des activités éphémères, en évolution constante, qui passent très rapidement d’un état à un autre. Visible de tous le chantier est un spectacle permanent, et les gestes des ouvriers peuvent facilement être envisagés comme une chorégraphie étudiée, précise et répétitive sur un fond sonore très présent.

Mon processus de création fonctionne comme une chaine opératoire dont le premier maillon est l’atelier et le travail singulier des matériaux, des outils et techniques. Dans un autre domaine, le chantier est un équivalent. J’ai ainsi intégré divers chantiers, afin d’en comprendre les codes et les usages et me familiariser avec les activités liées à la construction, la réparation ou l’exploitation dans l’espace urbain.

Après avoir mené des investigations sur les chantiers de l’entreprise Maestro, le site de construction Albert Thomas a particulièrement retenu mon attention. Intéressé par la coutume qui consiste à glisser un rameau dans le dernier voile de béton d’une construction, j’ai souhaité extraire la symbolique de ce geste en la réinterprétant de manière sculpturale avec les matériaux du gros œuvre tels que le béton.

L’atmosphère sonore d’un chantier va au-delà de quelques sonorités stridentes, en se penchant dessus, on peut distinguer différentes sources sonores allant de l’engin de travaux en marche, aux machines électroportatives, ou encore au silence, aux compagnons, et au contexte extérieur selon l’implantation du chantier.

Le disque propose une série d’ « atmosphères sonores » retraçant un parcours et une vision sensible du chantier, ses origines, ses évolutions à travers leur avancée, et sa mémoire.

Aymeric Caulay


résidence 2014 chez MAESTRO

Sans titre

bois, bande son

Vues de l’exposition au 308

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