Eloïse Sohier


résidence 2013 chez Dauphins Architectes

La résidence chez Dauphins Architecture m'a amenée à m'intéresser au sort d'un vieux presbytère à Saint-Genès de Fronsac, que l'agence va réhabiliter en 4 logements sociaux dans quelques mois.


Faire du neuf avec du vieux implique la disparition inéluctable d'un substrat d'histoires. Au premier plan, la réhabilitation effacera les strates du temps en nettoyant la façade de pierre apparente. Le plan intérieur ancien sera remplacé par des espaces rationnels et modernes. On effacera une histoire pour en créer une autre, nouvelle, neuve, propre. Mais peut-on vider un presbytère de son sens, de son signifiant?

Derrière la disparition de «l'impropre» au profit d'une image architecturale aseptisée faite de «façade témoin», n’effaçons-nous pas toute une partie de la petite histoire sociale et religieuse du village? Face à la sécularisation et à la pression immobilière, je m’interroge sur la conversion de ce presbytère qui, en changeant de destination, garde son nom étrange : PRESBYTERE


Le mot presbytère vient du latin presbyte qui signifie ancien, et a donné plus tard le mot presbyterium ou conseil des anciens. Le presbytère est la demeure du curé, bien souvent construit près de l'église avec un petit jardin attenant. Pourtant, personne au village de St- Genes n'a mémoire d'un curé ayant vécu dans le bâtiment; pas même l'actuelle locataire du lieu, Mme Reine Valleau, qui y réside depuis près de 30 ans.

De simples recherches auprès de la mairie et des archives diocésaines pour connaître l'histoire de ce bâtiment municipal et de ses curés, m'ont fait prendre conscience d'un vide mémorial que Mme le maire, explique en partie, par un incendie qui aurait ravagé l'ancienne mairie il y a bien longtemps...


Avançant d'abord à l'aveugle, j'ai vite été prise au jeu des ressemblances sonores entre Mystère et Presbytère. Le vide historique du presbytère de ce petit village du Fronsadais, a suscité, malgré moi, une sorte de passion des origines chez les villageois.


A partir d'un petit fait divers que j’ai mis à jour, et dont personne n'a «jamais entendu parler», j’ai imaginé une sorte de conseil des anciens pour répondre à une question qui en soulève bien d'autres...

Rerum Novarum


Documentaire / 26’min

Réalisation images et son : Eloïse Sohier

Montage : Grégory Hiétin et Eloïse Sohier

Mixage : Grégory Hiétin


Tourné en HD sur Canon XF100

Monté sur FinalCut Pro

Images extraites du film

Presbytère de Saint Genès de Fronsac

Lien vers le Multiple Rerum Novarum

Vues de l’exposition au 308

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