Guillaume Lepoix


résidence 2015 chez OVERDRIVE

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Par la vidéo, l’installation, le dessin ou la peinture, j’explore les dialogues entre le monde numérique et le paysage, entre l’homme et ce qui reste du monde naturel. C ’est cette zone de frottement et ses résonances qui m’intéressent. Ma pratique plastique s’appuie sur les différentes relations générées par la rencontre entre des dimensions primitives (éléments, paysages, esprits, etc) et contemporaines (mondialisation, Internet, nouvelles technologies, etc). Je l’envisage ainsi comme une sorte d’interface entre fiction et réalité. Ce désir d’examiner les interactions entre l’Homme et un environnement en constante mutation peut m’amener à déborder du contexte de l’art et créer des ponts avec d’autres champs de la recherche : Ethnologie, Anthropologie, Géologie, etc.

Durant ma résidence d'artiste avec dauphins, j'ai travaillé dans un contexte bien spécifique d'un corps de métier que je ne connaissais pas. J'ai essayé de m'adapter à sa dynamique et d'utiliser leurs outils.

Un cabinet d'architecture ne peut fonctionner sans une coopération complète de tous les différents acteurs du début à la fin de chaque projet. De l'architecte au maître d'ouvrage, de l'ouvrier de chantier à l'artisant en passant par le bureau d'études. Notre petit groupe d'artistes s'est vu aborder naturellement cette dynamique en mélangeant nos projets personnels dans un "chantier" commun au cours de l'exposition finale.

Pour ma part, c'est en passant par une première phase d'observation que j'ai pu identifier la démarche que je devais explorer. J'ai décidé de prendre à revers la chronologie d'un projet architectural : projet, plan, modélisation, maquette, réalisation.

C'est donc d'un bâtiment existant que je suis parti. Un bâtiment non seulement déjà construit mais aussi en train de se déconstruire, de disparaître et de changer de nature : un ancien hangar en ruine sur la rive droite de Bordeaux. La ruine comme "projet".

C'est de l'apparence de cette bâtisse qu'ont découlé les formes du plan et de la maquette. Au-delà de l'aspect visuel du lieu c'est aussi sa nature de "ruine" qui a été injectée dans ces objets. Les obstacles de construction de la maquette apparus, ainsi que la difficulté de rendre un aspect ancien à l'objet m'ont permis de me confronter moi aussi aux contraintes architecturales.

Par la suite, ses objets ont été mis en confrontation avec une réalité architecturale d'un autre "bord" : le centre ville de Bordeaux. Ainsi cette ruine de hangar, venant de la rive droite, a pu traverser la Garonne. A travers cette réplique, ce hangar a pu essayer de trouver sa place dans les rues du centre historique le temps du vernissage de l'exposition.

Un regard artistique dans un cabinet d'architecture amène a reconsidérer les statuts d'artistes et d'architectes aujourd'hui. De même qu'un artiste dans un laboratoire, les champs de recherches s'interconnectent et ainsi se rafraîchissent.